Outre la titularisation surprise de Presnel Kimpembe en défense centrale, Unai Emery était attendu, hier soir, pour le choix de sa sentinelle face au Real Madrid. Et l'entraîneur du PSG a décidé de miser sur Giovani Lo Celso, étincelant depuis le début de saison...
Oui Giovani Lo Celso était un pari tenté par Unai Emery hier. Alors que Thiago Motta semblait tenir la corde, ces dernières semaines, pour débuter la rencontre face au Real Madrid, l'Espagnol a finalement jugé bon de se passer de lui, au moment de s'envoler pour Madrid mardi midi. De son côté, Lassana Diarra, encore trop juste physiquement, n'a pas convaincu le staff lors de ces deux titularisations (Sochaux en CDF, Toulouse en L1) pour signer un retour tonitruant à Madrid. Ce sont donc ces facteurs qui ont poussé le technicien a lancé l'inexpérimenté Lo Celso en tant que sentinelle. Et hier soir, l'Argentin a très vite compris ce qu'était un match de très haut niveau, dans l'immensité du Stade Santiago Bernabeu (défaite 3-1).
Pressé d'entrée par les attaquants madrilènes (Isco, Benzema ou Ronaldo), le gaucher a pris quelques minutes pour rentrer dans son match. Loin d'être à son aise, comparé à ses excellentes prestations en L1, El Mono a multiplié les erreurs dans sa partie de terrain en raison de prises de risques parfois inutiles. Il tente notamment une talonnade à 20 mètres de ses buts, interceptée par Isco et écope d'un jaune en tentant de se rattraper (25e). Mais son inexpérience (il fêtait là sa première titularisation en LDC) et sa jeunesse (21 ans) lui ont vraiment fait défaut juste avant la mi-temps. Alors que les Parisiens sont occupés à congratuler Areola, auteur d'une sublime parade sur une frappe du gauche de Benzema, Lo Celso doit gérer seul le corner rapidement joué par les Madrilènes. Il accroche l'expérimenté Toni Kroos, qui s'effondre dans la surface et obtient le pénalty égalisateur. Au retour des vestiaires, il perd un nouveau ballon sur une relance approximative à 20 mètres des buts, cette fois sans danger.
3 duels remportés sur 12...
Offensivement, le natif de Rosario a alterné le mauvais et le très bon entre ses portées de balles inefficaces, ou son excellente balle piquée pour Neymar à la 48ème minute qui lance un contre parisien. Mais son placement, parfois trop haut, a laissé bien trop d'espace aux milieux madrilènes qui n'en demandaient pas tant. Averti à la 25e (voir ci-dessus), il a été forcé de calmer ses ardeurs et s'est donc montré totalement absent dans l'impact physique (à l'heure de jeu, il laisse Benzema le reprendre de vitesse sur un ballon aérien). En près de 85 minutes, il n'a remporté que 3 duels sur 12 disputés...
Après une première prestation manquée face à l'OL, un gros du championnat, Lo Celso était attendu au tournant et a encore montré quelques carences à un poste qui, rappelons-le, n'est pas le sien. Mais du haut de ses 21 ans, il a tout de même tenté, malgré la foudre, de suivre ses principes de jeu en relançant proprement dès ses 16 mètres. Des risques qui ont plu à Unai Emery, à l'image du soutien affiché à la fin de la rencontre : "Je crois que Giovani a fait un grand match". Cependant, le staff parisien a du avoir quelques réponses au regard de sa prestation : pour les grands rendez-vous, Lo Celso est encore un peu trop tendre et il ne devrait pas avoir l'occasion de se rattraper au Parc des Princes dans 3 semaines. Dans ce même laps de temps, Paris devra se trouver sa vraie sentinelle, et c'est peut-être ça le plus gros défi d'Emery...