Après la mort de Nahel, un jeune de 17 ans, suite à un contrôle de police et un refus d’obtempérer, le monde du football a tenu à réagir. On en parle dans le journal MadeInFOOT du jour.
Mardi matin, à Nanterre, un véritable drame a eu lieu avec la mort de Nahel, un jeune homme de 17 ans. Le jeune homme a été tué d’une balle dans la tête par un policier à la suite d’un contrôle de police et d’un refus d’obtempérer. Dans la journée, l’affaire a pris une ampleur nationale et des personnalités publiques ont, petit à petit, pris la parole pour adresser leur soutien à la famille de la victime. En plus de nombreux rappeurs comme SCH ou Sadek, sans oublier l’acteur Omar Sy, le monde du foot est sorti du silence au fil des heures, avec un premier message de Jules Koundé, le défenseur de l’équipe de France, publié mardi soir.
"Un jeune homme de 17 ans abattu à bout portant par un policier pour un refus d’obtempérer lors d’un contrôle. Telle est la réalité de la situation et elle est dramatique. Comme si cette nouvelle bavure policière ne suffisait pas, les chaînes d'information en continu en font leurs choux gras. Des plateaux déconnectés de la réalité, des "journalistes" qui posent des "questions" dans le seul but de déformer la vérité, de criminaliser la victime et de trouver des circonstances atténuantes là où il n’y en a aucune".
Kylian Mbappé prend la parole
Ce mercredi matin, c’est Kylian Mbappé, capitaine de l’équipe de France, qui a eu une pensée pour Nahel. "J’ai mal à ma France. Une situation inacceptable. Toutes mes pensées vont pour la famille et les proches de Naël, ce petit ange parti beaucoup trop tôt".
Logiquement, la parole s’est libérée après les messages des deux cadres de l’équipe de France. Petit à petit, d’autres réactions ont eu lieu comme celle de Mike Maignan : "Une balle dans la tête... C'est toujours pour les mêmes qu'être en tort conduit à la mort. Pour Naël, pour sa maman", ou Paul Pogba : "Repose en paix Nahel, mes condoléances à sa maman et sa famille. Personne ne mérite de mourir à 17 ans et encore moins pour un refus d’obtempérer… Que justice soit faite".
À l’image de son ancien coéquipier au centre de formation de Bordeaux, Aurélien Tchouaméni a pris la parole beaucoup plus longuement pour exprimer son ressenti sur l’affaire par le biais d’une lettre ouverte. "Nahel aurait pu être mon petit frère. Et j'ai le cœur brisé quand j'entends sa mère parce que c'est la voix de ma mère que j'entends. Mais j'aimerais comprendre pourquoi depuis des années, des jeunes meurent lors de contrôles de police qui semblent anodins. Comprendre pourquoi la gâchette semble beaucoup moins lourde quand il s'agit d'un certain type d’individu. Je sais que l’usage de la force par la police n’est pas nécessairement illégal. Je sais aussi que la question centrale se situe dans le juste milieu entre la légitimé et l’illégalité du recours à la force. Et je sais pour finir qu'il est indispensable de rétablir la confiance des citoyens envers leur Police, que toute absence de justice incite au doute sur l’action des forces de l’ordre".
Enfin, Presnel Kimpembe a, lui aussi, eu une pensée pour la famille de la victime. "17 ans, c’est beaucoup trop jeune pour quitter ce monde. Ce genre d’événements ne peuvent plus avoir lieu dans notre pays. Grosse pensée à la famille de Nahel".
Rayan Cherki dédie son but à Nahel
Il n’a pas que les A qui ont réagi puisque les Espoirs ont aussi tenu à avoir une pensée pour la jeune victime. Son but face à la Suisse, Rayan Cherki l’a dédié à Nahel, avant d’en parler en conférence de presse.
Alors que le débat sur la prise de parole des sportifs se pose désormais, Jules Koundé s’est défendu sur les réseaux sociaux hier soir. Selon lui, il a le droit -comme tout le monde- de réagir aux faits d’actualité et d’exprimer son opinion en tant que citoyen français, peu importe son métier ou son statut. "C’est assez drôle de lire toute la frustration et le dédain qui émanent de certaines personnes lorsqu’un athlète ou plus particulièrement un footballeur dans mon cas s’exprime sur des sujets de société. Comme si nous étions enfermés dans une boîte dans laquelle il nous serait interdit de donner notre avis sur des sujets qui nous concernent au même titre que tout autre citoyen. Car oui, s’il fallait le rappeler, nous sommes des personnes et des citoyens avant d’être des footballeurs ce qui nous donne les mêmes devoirs mais aussi les mêmes droits, dont celui de nous exprimer sur ce que l’on souhaite". Reste à voir, désormais, si ces prises de paroles vont être critiquées par la classe politique ou même le président de la Fédération Française de Football..